Photographie architecturale, Partie 3 : Corriger les verticales convergentes
Dans ce troisième article sur la photographie architecturale, nous verrons comment corriger les verticales convergentes sur vos photos de bâtiments. Si nous ne pouvons pas éviter les verticales convergentes involontaires à la prise de vue, il faut les corriger en post‑production.
Dans ce troisième article sur la photographie architecturale, nous verrons comment corriger les verticales convergentes sur vos photos de bâtiments.
Corriger les verticales convergentes
Si nous ne pouvons pas éviter les verticales convergentes involontaires à la prise de vue, il faut les corriger en post‑production.
Des outils pour cette tâche sont inclus dans de nombreux logiciels photo, par exemple les applications intégrées aux systèmes d’exploitation comme Apple Photos, des titres bien connus comme Adobe Lightroom, et des outils dédiés comme Hugin et DxO ViewPoint.
Outils de transformation dans Lightroom Classic
Essayons de corriger l’image prise au 14–30 mm en utilisant Lightroom Classic. Passez en module Développement et cherchez le panneau Transformation à droite. Nous partirons de l’image de la Partie 2, avec des verticales convergentes prononcées :
Il y a plusieurs options automatiques dans le groupe de boutons en haut du panneau – nous nous concentrerons sur celles-ci (vous pouvez utiliser les curseurs manuels en dessous à la place ou en complément si vous préférez).
D’abord : sur cette image en particulier, Automatique ne fonctionne vraiment pas. Elle corrige loin d’être suffisamment les verticales. Cela peut tenir à l’extrême convergence présente dans ce cas. De manière générale, il existe de meilleures options qu’Automatique si vous voulez être certain que le rendu soit réellement correct.
Essayons ensuite Verticale – après tout, c’est ce que nous cherchons à corriger :
Cela détecte et tente de corriger les verticales convergentes de l’image. Vous pouvez voir que le résultat est plutôt bon, mais vous remarquerez peut‑être qu’il semble avoir été exagéré – on dirait maintenant que les verticales convergent vers le bas de l’image.
Qu’en est‑il de l’option Complet ?
Elle donne le même résultat que l’option Verticale, mais elle corrige aussi toute rotation involontaire de l’appareil par rapport à une vue frontale directe. Cependant, les verticales sont surcorrigées.
L’option que je trouve la meilleure est Guidée. Elle vous demande d’ajouter des guides pour définir les verticales convergentes et les horizontales si nécessaire. Ici, j’ai placé deux guides qui définissent des lignes sur le bâtiment qui devraient apparaître strictement parallèles sur l’image. Lightroom affiche une loupe de haute précision qui vous aide à les placer avec exactitude :
Une fois appliquée, les verticales sont maintenant corrigées – au prix suivant :
Pour obtenir des verticales parallèles, la moitié inférieure de l’image a été fortement comprimée horizontalement. Les zones blanches indiquent l’étendue de cette compression.
Correction des horizontales
On peut faire une correction supplémentaire aussi. Vous voudrez faire cela si vous n’aviez pas tout à fait obtenu un alignement parfait dans une composition qui était intentionnellement sur l’axe. Voici un exemple exagéré de ce à quoi ressemblerait un alignement « hors‑axe » : notez comment l’alignement de l’appareil avec le transept est sous l’épingle rouge n’est pas droit.
Si vous avez un alignement hors‑axe, vous pouvez ajouter deux guides pour indiquer quelles horizontales doivent être sur l’axe et l’outil corrigera l’image en conséquence :
Comparons le résultat Guidé avec le résultat Complet – je pense qu’il est clair que l’approche Guidée donne un rendu bien meilleur et plus naturel :
Il n’est pas toujours possible pour l’algorithme de choisir les verticales ou horizontales correctes à aligner, particulièrement dans une architecture plus complexe. Dans cette image il y a plusieurs verticales qui s’éloignent et qui sont proches les unes des autres – c’est probablement ce qui provoque la surcorrection observée avec les options Verticale ou Complet.
Comparaison entre l’image au 19 mm (tilt/shift) et au zoom 14–30 mm
C’est un exercice intéressant et il peut vous aider à décider si vous voulez investir dans un objectif bascule/décentrement (tilt/shift). Avec les mêmes ajustements Lightroom et le recadrage le plus large possible permettant les pertes dues à la correction guidée (les zones blanches que vous voyez plus haut), voici les résultats – l’image prise au tilt/shift est à gauche et celle au zoom 14–30 mm est à droite.
Il est intéressant de constater comment l’image au tilt/shift (à droite) offre plus de pixels horizontaux et le zoom plus de pixels verticaux, même si la position de l’appareil n’a pas changé entre les deux prises et que la focale est la même. On peut soutenir que le recadrage du 14–30 mm est le meilleur, même s’il n’a pas besoin d’être aussi haut que montré. Quelques conclusions s’imposent :
- L’objectif bascule/décentrement offre plus de pixels qui couvrent réellement le sujet, la cathédrale
- En raison de l’angle de pitch de l’appareil plus extrême, les pixels issus du zoom ont été beaucoup plus « déplacés » pour corriger la perspective
Voici une comparaison des images à zoom 100 % (14–30 mm à gauche, 19 mm tilt/shift à droite) :
Ces déplacements de pixels dans l’image 14–30 mm ne me sautent pas particulièrement aux yeux, même si cette zone de l’image a subi une compression horizontale significative pendant la correction de perspective.
Dans ce cas particulier, le meilleur résultat aurait probablement été obtenu en réalisant une mosaïque (stitch) avec un objectif bascule/décentrement, c’est‑à‑dire en prenant des images avec le tilt/shift à plusieurs orientations de décentrement et de rotation autour de l’axe de décentrement. Comme chaque image est déjà corrigée en perspective et que le plan image n’est pas modifié entre chaque cadre, les assembler est une opération simple qui donne des résultats très haute résolution avec un champ de vue extrêmement large.
Un panorama grand‑angle peut être réalisé avec beaucoup plus de précision et de contrôle en utilisant l’objectif bascule/décentrement qu’avec le zoom. C’est un argument fort en faveur d’en avoir un dans votre sac.
Pour des tirages d’exposition haute résolution, l’objectif bascule/décentrement vous donnera clairement plus de pixels utilisables sur le même appareil qu’un zoom ou une focale fixe sans correction de perspective.
Donc, maintenant vous savez comment corriger à la fois les verticales et les horizontales en utilisant l’outil Guidé. Ces outils fonctionnent de façon similaire dans d’autres logiciels, les principes restent donc les mêmes.
Faites toujours attention à placer les guides avec précision – une petite erreur peut donner des images au rendu étrange. Encore plus important, choisissez soigneusement l’emplacement des guides – êtes‑vous certain que les verticales doivent être verticales (espérons que oui) ? Essayez‑vous d’appliquer une correction horizontale à quelque chose qui a été photographié intentionnellement hors‑axe (espérons que non) ?
Avec ces corrections en place, notre image a bien meilleure allure. Cependant, il reste une chose légèrement déconcertante : le haut du bâtiment à gauche et à droite paraît étiré et déformé. Cela ne semble pas naturel.
Nous verrons comment traiter ces distorsions grand‑angle dans la prochaine partie de cette série.