Photographie d’architecture, Partie 2 : Équipement
Dans ce deuxième article sur la photographie d’architecture, nous aborderons le choix du matériel (appareils, objectifs, trépieds et têtes de trépied) et certaines des implications du matériel dont vous disposez, en particulier au moment du post-traitement.
Dans ce deuxième article sur la photographie d’architecture, nous aborderons le choix du matériel (appareils, objectifs, trépieds et têtes de trépied) et certaines des implications du matériel dont vous disposez, en particulier au moment du post-traitement.
Un smartphone suffit
Vous n’avez pas besoin d’investir des milliers d’euros dans du matériel spécialisé pour obtenir de bons résultats. Un smartphone moderne tenu à la main peut produire d’excellentes images. Tant que vous n’avez pas besoin d’agrandir les photographies pour une impression grand format, vous serez probablement satisfait du rendu.
Voici un exemple depuis Sienne, en Italie, montrant la Piazza del Campo au crépuscule, pris avec un iPhone 14 PRO :
La photo a été prise avec l’application Appareil photo d’origine, et n’a même pas été capturée en RAW. Cependant, elle a subi beaucoup de post-traitement pour corriger plusieurs problèmes présents dans la prise originale. Nous verrons les types d’ajustements nécessaires dans un article ultérieur.
Choses à faire lorsque vous utilisez un smartphone pour l’architecture :
- Photographier en RAW, en utilisant la résolution la plus élevée possible
- Garder l’appareil aussi de niveau que possible (plus d’informations ci‑dessous).
Éviter les verticales convergentes
Pour éviter les verticales convergentes dans l’appareil, vous devez vous assurer que tout est de niveau — le plan image (c.-à-d. le capteur de votre appareil) doit être aligné avec l’horizon et ne pas être incliné vers le haut ou vers le bas. Si vous ne comprenez pas pourquoi il est important d’éviter des verticales convergentes involontaires, lisez Photographie d’architecture, Partie 1 : Perspective.
D’abord, quelques mots sur le matériel. Tout ce qui suit vous aidera à mettre votre appareil de niveau et à garantir des images nettes.
Support pour appareil photo
Si possible, utilisez un trépied de haute qualité.
Pour voyager, un modèle léger comme la série Gitzo Traveller est parfait. Vous trouverez aussi de nombreuses autres options chez d’autres fabricants.
Lorsque le poids n’est pas un facteur, un trépied plus volumineux comme la série Gitzo Systematic offrira plus de stabilité et vous donnera la meilleure chance de capturer les images les plus nettes possibles.
Si un trépied n’est pas envisageable, un bon monopode restera utile. À défaut, trouvez un mur, un lampadaire, un banc et adoptez une bonne tenue de l’appareil — bras collés au corps, expirez avant de déclencher, etc.
Tête de trépied
De nombreux photographes d’architecture professionnels utilisent des têtes micrométriques (geared heads), qui permettent un contrôle fin de l’alignement de l’appareil, généralement selon trois axes (tangage, roulis, lacet). Si votre budget le permet, c’est fortement recommandé. La possibilité d’effectuer des micro-ajustements est extrêmement utile sur le terrain. Vous ne reviendrez peut-être jamais à votre ancienne rotule à boule ! De plus, les têtes micrométriques sont excellentes pour l’astronomie et même le travail de paysage — le seul compromis est généralement un poids plus élevé.
Au sommet de la gamme, vous trouverez des modèles comme la Arca Swiss D4 Series. Il vous faudra une belle réserve financière pour en acheter une. En alternative, vous pouvez trouver des produits remarquablement similaires chez Leofoto pour une fraction du prix, voire des options encore moins coûteuses chez d’autres fabricants.
Fixation pour appareil
Pour les smartphones, quelque chose comme l’Oben ASPTA-20 est un excellent choix (il est en aluminium solide). Vous pouvez le coupler avec une télécommande Bluetooth comme la Joby Impulse 2.
Pour les appareils photo, un L-Bracket (support en L) est un excellent choix. Three Legged Thing propose de jolis modèles, mais méfiez-vous des interférences mécaniques avec les déclencheurs à distance. J’ai dû passer d’un modèle filaire à une télécommande sans fil pour éviter des problèmes en mode portrait lorsque j’utilisais le modèle ZOOEY QD sur mon Nikon Z8.
Remarque : la colonne centrale du trépied est légèrement sortie sur cette photo. Il est préférable d’éviter cela sauf si c’est strictement nécessaire.
Niveler l’appareil
Beaucoup d’appareils, en particulier les modèles haut de gamme, incluent un niveau numérique dans le viseur ou sur l’écran arrière. Si votre appareil ne possède pas cette fonction, certaines têtes de trépied intègrent un niveau à bulle deux axes. Vous pouvez aussi ajouter un niveau à bulle pour griffe porte-flash directement sur votre appareil.
Si vous photographiez avec un iPhone, certaines applications photo peuvent inclure un niveau numérique pour le tangage et le roulis (bien que l’application Appareil photo d’origine n’affiche que le roulis). Sinon, si vous utilisez le téléphone sur un trépied et un adaptateur, vous pouvez niveler l’appareil en utilisant la vue Réalité Augmentée (RA) dans The Photographer’s Ephemeris (TPE) :
Cathédrale de Durham — Élévation est
Prenons un exemple. Voici une vue en perspective à un point de fuite de la face est de la magnifique cathédrale de Durham en Angleterre. J’utilise un zoom 14–30 mm réglé sur 19 mm sur un boîtier plein format. L’appareil est parfaitement de niveau, comme le montrent les repères verts du niveau numérique, et nous avons évité les verticales convergentes :
Oh là là.
Même à une courte distance focale, le champ vertical n’est pas du tout assez large pour englober la hauteur totale du bâtiment. Nous ne pouvons pas reculer davantage — il n’y a nulle part où aller :
Même en ouvrant l’objectif à 14 mm, nous ne pourrons pas cadrer l’ensemble de la structure. Nous sommes contraints d’incliner l’objectif vers le haut. C’est un scénario très courant.
Objectifs à contrôle de perspective
Nous pouvons corriger les verticales convergentes en post‑production, mais si vous faites beaucoup de travail architectural, un objectif bascule-décentrement (tilt/shift) ou à contrôle de perspective peut être un bon choix. Vous pouvez éviter beaucoup de retouches numériques avec un objectif bascule-décentrement, en capturant ce dont vous avez besoin directement dans l’appareil. Pour des volumes de travail importants, cela peut vraiment faire gagner du temps.
Les inconvénients d’un bascule-décentrement sont le coût, le poids et, pour certains modèles, l’absence d’étanchéité ou l’impossibilité d’utiliser des filtres. Ce sont aussi des objectifs à mise au point manuelle.
En passant à un bascule-décentrement 19 mm, nous pouvons régler le décentrement vers le haut pour faire entrer le bâtiment dans le cadre :
Ceci s’obtient simplement en déplaçant l’objectif vers le haut par rapport au boîtier à l’aide du contrôle de décentrement :
La fonction de bascule modifie le plan focal du cercle d’image projeté par rapport au capteur. Nous n’en avons pas besoin ici.
Vous remarquerez peut-être que même avec l’objectif bascule-décentrement quasiment poussé au maximum, nous n’encerclons toujours pas totalement la hauteur des tours. Donc même ici, un léger angle vers le haut est nécessaire — parfois, il faut rester flexible !
Au final, nous nous retrouvons avec des verticales légèrement convergentes, mais beaucoup moins que lorsque nous utilisons le zoom 14–30 mm :
Cette image n’est pas utilisable telle quelle sans corriger les verticales convergentes — elle paraît simplement bizarre.
Vous pourriez dire : attendez — c’est plus d’inclinaison vers le haut que nécessaire. Il y a une raison à cela qui deviendra claire lorsque nous tenterons de corriger la convergence, sujet que nous aborderons dans Photographie d’architecture, Partie 3 : Correction des verticales convergentes.